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Paysages manufacturés

23 mai 2011
Oil

On vous a promis de parler de territoires, d’écologie et de culture. Et il est parfois difficile de parler de ces sujets sans glisser vers la politique. Aujourd’hui, on vous parle des quatre en même temps, via un des plus grands photographes canadiens actuels, Edward Burtynsky.

Il y a trois semaines, le Canada a passé un mauvais lundi. Un gouvernement conservateur majoritaire n’est certainement pas une bonne nouvelle pour la culture et l’écologie. Une fois de plus, le Québec a prouvé qu’il est bien une société distincte… mais ce sera un sujet pour un autre article! Drôle de hasard, c’est cette même semaine qu’on a reçu Oil d’Edward Burtynsky. Un livre coup de poing sur le pétrole qui regroupe les travaux de Burtynsky sur ce sujet depuis 10 ans. Un livre magnifique qui pose un regard hors du commun sur nos territoires modifiés par l’activité humaine. Un livre qui ne se veut pas dénonciateur mais qui nous présente un autre point de vue, un autre regard. Et après avoir contemplé une après l’autre ces photos impressionnantes, il est impossible de tourner la clef de l’auto sans réfléchir à l’impact de nos comportements. Impossible de ne pas ressentir un malaise quand le gouvernement Harper essaie de nous convaincre que le développement des sables bitumineux albertains est bon pour le Canada. Si le moindre doute subsiste encore en vous à ce sujet, les saisissantes images de ces paysages mutilés devraient vous convaincre une fois pour toutes. Votre idée des paysages albertains est un troupeau de boeufs Angus batifolant dans l’herbe? Bienvenue dans les contrées apocalyptiques du pétrole!

Et les oeuvres de Burtynsky me font dire que parfois, pour essayer de changer le monde, les artistes font drôlement bien le boulot. En nous obligeant à regarder les choses sous un angle différent, l’art nous touche, nous bouscule, nous porte à réfléchir. Un regard neuf, voilà parfois tout ce qu’il faut pour vouloir commencer de faire bouger les choses.

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Pour ne jamais cesser de cultiver nos esprits

18 mai 2011

Ce blog se veut un espace d’échange et de réflexion autour de notre territoire. Bien sûr, on parle gastronomie et produits locaux, encore et toujours… On parle également d’écologie, parce que on ne fera jamais assez attention à notre planète. Et que le combat est malheureusement loin d’être gagné (en témoigne notre dernier post).

Mais on aimerait aussi parler de culture. Pas celle des céréales, mais celle de l’esprit. Parce que la culture est un repère identitaire essentiel et incontournable. Parce que la culture est tout autant individuelle que collective, et qu’il n’existe rien d’aussi fédérateur. Parce que l’UNESCO le dit : la culture n’est rien de moins que « l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. Parce que, somme toute, la culture c’est nos racines. Et parce que la culture est partout, tout le temps.

De récents débats autour de Mme Elgrably et de ses acolytes libertariens auront au moins eu l’avantage de réveiller certaines consciences et de poser la vraie question : en tant que peuple, quelle culture voulons-nous? quelle place souhaitons-nous laisser aux artistes dans notre société? Nous ne reprendrons pas le débat, certains l’ont fait à merveille et nous vous suggérons de lire et relire leurs lettres ouvertes, toutes plus justes et touchantes les unes que les autres (Jean-Jacques Stréliski, Jean-Philippe Joubert, Simon Jodoin).

Mais, plus que jamais, nous vous encouragerons à ne pas seulement manger bio, mais également à « penser bio ». Pas de culture génétiquement modifiée : respectons-nous en tant qu’être vivants pensants et libres de se cultiver! Qu’on n’arrête jamais de recycler nos idées, qu’on encourage la biodiversité de nos produits culturels, qu’on nourrissent nos réflexions d’éléments naturels, que nos artistes soient libres de créer soutenus par un engrais sain que peuvent être les subventions, que notre identité reste un creuset inépuisable de créativité, que nos traditions continuent de s’éclater à mesure que les populations se mixeront, que nos intellectuels continuent de pousser et de nous amener toujours plus loin…

Et tiens, puisqu’on parle de culture et que rien ne vaut l’auto-promo, saviez-vous que du 18 au 22 mai une installation audio de Mériol Lehmann sera présentée au Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville? Pour plus d’infos : FIMAV

Et puis tant qu’à passer du côté de Victo, arrêtez-vous donc au Marché de solidarité!

Merci à tous nos artisans culturels et artistes qui travaillent si fort chaque jour pour nous aider à vivre dans un monde toujours plus riche d’émotions…

Se faire endormir au gaz…

16 mai 2011

Confiants devant la bonne volonté de Lucien Bouchard de faire la paix avec la population, et motivés par un rapport du BAPE prudent et posé, nous étions convaincus que l’insistance du gouvernement à développer le gaz de schiste avait finalement laissé le pas à la raison.

Bien que le gouvernement Charest semblait décidé une fois pour toutes à récompenser les intérêts privés d’une industrie aux dépends du bien public, le ministre de l’Environnement avait réussi à nous convaincre du volte-face gouvernemental. Après tout, comme le témoigne Gasland, le film, l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique est particulièrement risqué pour l’environnement. Les français l’ont bien compris, eux qui viennent d’interdire formellement cette pratique. Le presque moratoire décrété par le gouvernement avait réussi à calmer les opposants les plus convaincus et la perspective de transformer la vallée du St-Laurent en un gigantesque champ d’exploitation gazier paraissait loin derrière nous.

Malheureusement, c’était faire preuve de bien d’utopisme de penser que les puissants lobbys gaziers et pétroliers allaient lâcher le morceau. Dans une lettre parue dans le Devoir aujourd’hui, le metteur en scène Dominic Champagne, un opposant de la première heure, nous révèle des faits troublants : Le Comité de l’évaluation environnementale stratégique (EES) recommandé par le BAPE est composé majoritairement de membres de l’industrie et ferme la porte complètement aux environnementalistes. Comment croire que ce comité saura être impartial alors que l’odeur de conflit d’intérêts plane lourdement? Comment le gouvernement peut honnêtement nous faire croire que les décisions prises par ce comité sauront respecter le bien commun et l’intégrité du territoire québécois? Depuis quand nomme-t-on sans la moindre gêne comme juge celui qui a un parti pris aussi clair?

Dominic Champagne, notre artisan du territoire du jour, merci d’avoir encore une fois tiré la sonnette d’alarme!

La bonne bouffe de la campagne près de chez vous

13 mai 2011

Automne 2010 : drame gastronomique en plein cœur de Québec – « l’artisan et son pays », fière épicerie à saveur de terroir ferme ses portes. Panique, inquiétude, questionnement… nombreux sont ceux qui déplorent la disparition d’une des trop rares épiceries de produits artisanaux de centre-ville.

Été 2011 : « l’artisan et son pays » renaîtra, avec force d’audace et de créativité, portée par un projet d’envergure : la coopérative des grands rangs.

Ce projet de coopérative est fondé sur des valeurs comme on les aime : »Nous voulons offrir un projet de société aux Québécois en rétablissant les ponts entre urbains et ruraux, entre ville et campagne.Nous voulons un modèle d’agriculture multifonctionnelle dont les effets de cohésion sociale seront le ciment d’un avenir durable et transmissible pour tout type de citoyen voulant s’établir en milieu rural au Québec » (Source : Site Internet de la coop)

Plusieurs phases seront nécessaires pour que la coop puisse réaliser tous ses (nos) rêves. Tout d’abord la mise en place de l’épicerie cuisine de « l’artisan et son territoire » sur la rue St Joseph, puis la mise en route d’un réseau de distribution inter-régional, et enfin la construction d’un bâtiment vert multi-fonctionnel (fromagerie, cuisine, cafétéria du terroir, épicerie spécialisée en produits locaux).

Alors si on résume : des saveurs à ne plus savoir qu’en faire, la possibilité pour les urbains que nous sommes de renouer directement avec les produits du terroir, des reconnexions indispensables avec nos artisans locaux, une initiative de développement économique régionale unique en son genre (même si d’autres excellents modèles existent), une opportunité de bien manger tout en soutenant nos producteurs locaux, une occasion de s’assurer de notre sécurité et de notre souveraineté alimentaire, et enfin – et surtout – du plaisir en masse.
A-t-on besoin d’autres arguments pour vous convaincre?

Il y a peu, on parlait de la nécessité d’agir, de réagir, de s’impliquer et de, ensemble, faire changer les choses. Si en plus tout cela se fait avec le plus grand bonheur : que demander de plus?

Nos artisans entrepreneurs du jour : la coopérative des grands rangs

Retour aux sources

7 mai 2011

Nous devons l’admettre sans plus de débat : nous sommes tombés dans le piège du blogeur inexpérimenté. C’était évident et pourtant nous avons cru que nous serions capables de passer au travers. Erreur. Comme tout éditorialiste en herbe, nous avons cru que nous serions capables de tenir le rythme. De mettre ce blog à jour régulièrement, d’écrire sans cesse des articles plus pertinents et enlevants les uns que les autres, de révolutionner le monde de la culture et de l’alimentation à notre petite échelle. Mais c’était sans tenir compte de nos emplois du temps respectifs, de nos changements de vie professionnelle, et d’un monde qui semble aller de plus en plus vite… L’actualité ne dérougit pas. Les catastrophes naturelles et autres révolutions s’enchainent à un rythme effréné au point de nous perdre complètement dans cette actualité débordante. Au point, presque, de nous amener à banaliser. Ne plus réagir parce que nous devenons saturés. Ne plus débattre parce que la cause semble perdue. Ne plus nous questionner parce qu’on nous dit quoi penser. Ne plus se battre parce qu’ils sont plus forts que nous.

De chroniqueurs convaincus, nous sommes passés à blogeurs du dimanche. Après tout, si on n’écrit pas, qui s’en rendra compte? Si on ne réagit pas, qui nous en voudra? Et finalement la réponse est évidente : c’est lui, c’est moi. Pouvoir se regarder dans la glace le matin, c’est se dire qu’on aura été jusqu’au bout. C’est continuer de croire, de penser, de s’exprimer. Ne pas sous-estimer la place qu’on occupe. Se battre pour ses convictions. Etre capable de se dire qu’on aura tout essayé. Défendre ce à quoi on croit n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Sinon, à quoi bon continuer?

Ici on parle de bouffe, d’environnement, de culture. Mais on parle avant toute chose de valeurs, de convictions, de mode de vie. Le Canada vient de prendre un virage très clair le 2 mai dernier. À nous de ne surtout pas lâcher. De continuer de dire ce que l’on pense même si la majorité semble avoir dit le contraire. Etre fidèles à nous-même, et faire changer les choses. Non pas par idéologie, mais parce qu’on en est vraiment capables.

Les artisans du territoire sont de retour pour parler de tous ceux qui, à leur échelle, changent notre monde.

OGM: C’est le temps de mettre de la pression sur les partis politiques!

3 février 2011

Dix ans après la publication du rapport de la Société royale du Canada sur la réglementation des OGM au Canada, Ottawa ignore toujours ces recommandations et continue à faciliter l’autorisation de nouveaux OGM. Pire encore, les libéraux et les conservateurs copinent ensemble pour torpiller le projet de loi C-474, qui propose une modification du Règlement des semences et exige, « avant de permettre la vente de toute nouvelle semence transgénique, que soit menée une analyse du risque potentiel pour les marchés d’exportation ». Ce projet de loi, déposé en novembre 2009 par Alex Atamanenko, porte-parole du NPD en matière d’agriculture, découle directement de l’histoire du lin contaminé: la découverte de lin OGM à l’été 2009 a fermé l’accès au marché européen, importateur de 70% de la production canadienne exportée.

On peut craindre la même chose pour le blé puisque Mosanto développe actuellement un blé OGM pour le marché canadien alors que 87% des importateurs de blé canadien exigent une certification indiquant que la céréale n’a pas été génétiquement modifiée. Il est facile de prévoir l’effet désastreux que l’introduction de blé OGM pourrait avoir sur les agriculteurs canadiens…!

Le vote définitif sur ce projet de loi aura lieu le 9 février aux Communes. Il est donc important et urgent de mettre de la pression sur les partis politiques puisque l’industrie des biotechnologies a déclenché une campagne de pression intense afin de stopper le projet de loi C-474.

Cliquez sur les liens suivants pour envoyer un message à votre député et demander aux Libéraux d’appuyer C-474:

Passez à l’action!

Appuyons le projet de loi C-474!

Les OGM vous préoccupent? Vous voulez plus d’informations sur ce sujet? Consultez le site de Greenpeace !

Paniers divers

26 novembre 2010

Depuis une semaine, la neige frappe à nos portes. Pas encore de grosses tempêtes mais quelques centimètres pour nous avertir que l’hiver arrive et qu’il est maintenant temps de s’emmitoufler dans nos manteaux et nos tuques. Comme Laurianne et sa collègue des paniers bio de La Mauve ce soir. Le vent est mordant quand nous allons chercher notre panier et pourtant, elles sont là depuis presque deux heures, à peine abritées par leur camion. Des paniers bio en hiver ? De quoi parlez-vous? Eh oui, le bonheur d’aller chercher son panier d »aliments bons pour le palet et la santé n’est pas l’apanage de l’été! Bien sûr, la fréquence diminue et il faut se contenter de ce plaisir aux deux semaines seulement. Mais à chaque fois, c’est le bonheur et les surprises.

On vous voit venir: « les paniers d’hiver, ça ne m’intéresse pas, c’est juste des carottes et des choux… » Voici justement le temps de passer au panier mixte de La Mauve! Dans notre panier de cette semaine, bien sûr, il y avait des légumes racines : c’est normal, c’est la saison! Et justement, nous sommes en train de faire mijoter un velouté de carottes et betteraves qui embaume la maison… mais on s’éloigne du sujet là, reparlons du panier mixte: que diriez-vous de contre-filets de boeuf bio dans votre panier? De caviar d’aubergine? De fromage de chèvre? De champignons sauvages séchés (mmm, un risotto aux champignons et au Pikauba…. oups, on s’égare encore ici!) Bref, vous voyez le topo. Les paniers bio mixtes, c’est varié, c’est bon et ça supporte des producteurs locaux qui ont fait le choix de produire des aliments sains dans le respect de l’environnement. Allez, ne nous dites pas que vous hésitez encore, non?

Un effet boeuf! (ou comment ne pas être capable de résister à un mauvais titre)

25 octobre 2010

L’automne est arrivé, avec ses matins froids et une irrésistible envie de rester bien au chaud, à mijoter des plats conforts. À part pour certains irréductibles, la saison du barbecue est maintenant officiellement terminée. Et pourtant, aujourd’hui, on a décidé de vous parler de boeuf, ingrédient mythique du BBQ s’il en est un. Incongru? Pas du tout! Le boeuf ne se résume pas à un T-Bone saisi sur le charbon. Il y a des millions de façons de l’apprêter et plus d’une d’entre elles conviennent à un repas d’hiver.

Lorsqu’on cherche dans la section boucherie de notre épicerie, les choix semblent plutôt limités: rôti de palette, rôti français, cubes et évidemment steaks. Ne serait-ce pas le temps d’essayer autre chose? Qu’est-ce qu’on peut faire avec la hampe, la souris, la macreuse, le mouvant, l’araignée ou encore le merlan? Ah, on voit des points d’interrogation! Est-ce qu’on parle vraiment de boeuf ici? Eh bien oui! En Amérique du Nord, le boeuf est réduit à quelques coupes standards et le reste finit en viande hachée. Pourtant en Europe, il y a une multitude de coupes toutes aussi variées les unes que les autres, destinées à mettre en valeur la viande. Oui, mais nous ne sommes pas en Europe nous direz-vous… Voici donc le moment de vous livrer notre secret (pas si secret que ça pour les amateurs de bonne bouffe à Québec), nos artisans du territoire de ce billet: Michelle Cyr et Mario Pilon de la ferme Eumatimi.

Lorsque la crise de la vache folle survient et que le prix du boeuf s’effondre. Mario et Michelle ne peuvent se résigner à vendre leurs bouvillons en bas du prix coûtant et cherchent une façon de rentabiliser leur labeur. Rapidement, la solution s’impose: avoir leur propre boucherie pour créer un lien direct avec les consommateurs et ainsi éliminer les intermédiaires. Et pour se démarquer davantage, ils font alors le choix d’aller vers les coupes européennes, créant ainsi un produit unique, recherché par les restaurateurs haut-de-gamme avec qui ils développent un contact privilégié. Après une certaine période avec un kiosque au Marché du Vieux-Port, ils emménagent dans leur propre boucherie, située au 241 Saint-Joseph Est.

Au Québec, moins de 15% du boeuf consommé est produit localement. Et ce boeuf local est principalement de la viande hachée, provenant des vaches de réforme, soit les vaches trop vieilles pour continuer la production laitière. Sinon, il arrive du reste du Canada, de l’Uruguay, de la Nouvelle-Zélande, etc. Si comme nous, vous trouvez ça complètement aberrant de consommer du boeuf provenant de l’hémisphère sud, c’est plus que le temps d’aller faire un tour sur la rue Saint-Joseph. Vos papilles et votre conscience vous en remercieront!

Un jardin sur le toit

13 octobre 2010

L’esprit en ville mais le cœur à la campagne… Nombre d’entre nous, citadins par choix ou par nécessité, rêvent d’allier le meilleur des deux mondes. Mais rares sont ceux qui bénéficient d’une cour, d’un jardin ou de n’importe quel espace suffisant à satisfaire notre indéniable besoin de verdure. Et quand on sait que 80% des québécois vivent en ville, et que nos aliments parcourent en moyenne 2500km pour arriver dans nos assiettes… la question se pose de savoir comment rapprocher lieux de production et de consommation… (source : les Urbainculteurs)

La première solution à laquelle on peut penser spontanément est celle du jardin communautaire ou collectif. Basée sur des principes d’agriculture écologique au cœur de la Ville dans des espaces spécialement voués à cet effet, cette solution de plus en reconnue permet non seulement de travailler la terre dans l’espace urbain mais également de retrouver le goût de la vie communautaire. Une bonne occasion de mieux connaître ses voisins et une possibilité en or de mettre les deux mains dans la terre pour cultiver soi-même ses tomates. (pour une adresse près de chez : le RDJC ou votre bureau d’arrondissement !).

La seconde solution, non moins audacieuse, est celle de planter ses légumes et autres herbes aromatiques… sur son toit ! Le principe de la toiture végétale remonte à la préhistoire et est utilisé à travers le monde de puis des millénaires : recouvrir d’un substrat végétal un toit ou une faible pente. C’est dans les années 70 que les premiers toits verts sont apparus en Europe, et que différents systèmes ont été développés afin de faire pousser du gazon sur nos toits. Pour des raisons esthétiques, scientifiques, conceptuelles ou environnementales. L’idée de faire revenir la campagne à la ville était tout de même tentante… C’est alors que, les vertus de ces toits verts ayant été démontrées à plusieurs reprises (isolation, rétention des eaux de pluie, protection de la biodiversité etc.), est arrivée une nouvelle idée lumineuse : celle de l’agriculture urbaine. Les urbainculteurs, jeune organisme de Québec, proposent donc de vous accompagner dans l’aménagement de zones comestibles. Via l’utilisation de Smart Pot (poches de jardinage spécialement conçue), vous êtes en mesure de créer un jardin sur n’importe quelle aire aménageable : toit, balcon, terrasse, etc. Et bien évidemment, les bénéfices de pareille initiative sont nombreuses : produire des aliments locaux, mettre à profit des espaces inutilisés, embellir l’espace urbain, ou encore retrouver les joies du jardinage collectif. Imaginez-vous aller cueillir vos herbes aromatiques sur le toit du bureau, entre collègues, à la pause lunch…  Imaginez-vous ne voir que de la verdure à perte de vue si vous survoliez votre ville… Le tout pour un prix très faible et à la portée de n’importe quel jardinier en herbe. Elle est pas belle la vie ?

Une initiative coup de cœur, par nos artisans du jour : les urbainculteurs.

Le territoire … autrement

11 octobre 2010

Alors que certains profitent de ce we prolongé pour envahir les champs de citrouilles (si ce n’est déjà fait, découvrez les joies de l’autocueillette) , ou savourent ce jour de l’action de grâce en famille autour de la traditionnelle dinde (bio du Québec tant qu’à faire), d’autres ont choisi de vivre ces semaines automnales d’une manière un peu différente. Mériol est actuellement sur un cargo de la marine marchande, au beau milieu de l’Atlantique. Voyage initiatique ou exploration intrépide? Folle aventure en tous cas. Il est parti accompagner l’artiste Caroline Gagné dans un projet d’envergure : pendant les 9 jours que dure la traversée entre Charleston (Caroline du Sud) et Anvers (Belgique), ils capteront sons, images et couleurs dans le but de réaliser une installation audio – vidéo.  Une autre manière de voir le monde, perdus sur l’océan…

Les absents ayant toujours tort, c’est donc l’occasion de vous parler des plus récents projets photo de Mériol. Car si nous avons créé ce blog dans le but de partager et échanger autour de notre terr[it]oire, notre engagement dépasse bien souvent les cyber-frontières . Bien sûr bonne bouffe et débats environnementaux sont des plus rassembleurs, et sont souvent un moyen unique de décider, ensemble, d’aborder le monde autrement. Mais les outils pour s’engager, et communiquer ces préoccupations sont infinis. C’est pourquoi Mériol a choisi de consacrer un grande partie de son travail photographique au paysage, avec un regard bien différent, empreint de son histoire, de son vécut, et de sa vision du monde. Certaines de ses photos illustrent ce site, mais sa pratique artistique l’amène chaque jour un peu plus loin. Vous pourrez en découvrir plus sur son site où paysages industriels côtoient mère-nature dans ses plus beaux atours, mais également sur cette page où chaque voyage nous mène un peu plus loin au coeur de notre territoire.

Les images fortes se passant souvent de commentaires, je vous laisse y plonger par vous-même avant que vous ne m’accusiez d’hyper-subjectivité.